Les potagers fleuris

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Quelques citations:

"Le jardinage lie les yeux et l'esprit à la terre"
                Colette

"Le jardin est l'endroit idéal ou rencontrer Dieu"             Bernard Shaw

" Le jardinier travaille pour le futur"                              Gilles Clément

"Le jardin lie le ciel et la terre... et vice-versa"                votre jardinier



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Étymologie
Mythologie et symbolisme
Rôles des jardins

Un peu d'étymologie

-le mot potager vient du mot potage, "herbes pour le pot".

-Fleuri, dont l'ancêtre est le mot flori, fleur s'écrivant "flor", du latin "florem" qui donna  "fleurette", "conter fleurette" puis qui nous revint d'outre Manche sous la forme de "flirter".

-le mot jardin vient du vieux françois "jart " ou "gart " , de langue francique, formes non attestées de "gard" et "gardo" (cloture) qui donna "hortus gardinus" (jardin enclos)  et également, outre, "jardinier" et "jardinage", mais aussi "garden", "gardening", "garden-party" chez nos voisins anglais, et "giardino" en Italie et jardin en Espagne.

Quand au mot hortus, jardin en latin, il donna horticulture, horticole...

 Paradis vient de l'ancien Persan "paradaiza" (enclos, édifice) ou "apri-daeza" (verger entouré de murs) qui donna en grec "paradeios" (enclos pour bêtes sauvages du roi ou du prince)  et "paradisus" en latin.
 Constatons les ressemblances linguistiques avec le "paradêsha" sanscrit (la région suprême) et le "pardes" des Chaldéens.

Le jardin en toponymie:

pertus- d'après la divinité gauloise Perta des jardins- Peltre (57), peut-être tous les nombreux Perthes;
jardin- Montgardin (05), Montjardin (11);
ort-
jardin en provençal- Lortet (65);
jard-
jardin en vieux français- Lingeard (50)
hortus, horta-
jardin en latin- Ortillon (10), Ortale et Orto (20), Orthoux-Sérignac-et-Quilhan (30), Orthevieille (40), Orthez (64), Ortaffa 66), peut-être Lourties-Montbrun (32) et Inor (55),
gard, gart-
jardin en germain- Hangard (80), Neugartheim  (67).

Jardins, mythologies et symbolisme.


Le paradis   e jardin est le symbole du Paradis terrestre ou du cosmos, Paradis céleste dont il est l'illustration des états spirituels; la condition première où vivait Adam avant sa chute.
    Le Pardes est le domaine de la connaissance, les jardins d'Extrême Orient, le résumé de l'ordre cosmique, le monde de la nature réduit à son état originel; ce qui fait dire au poète: " Quel plaisir de se promener dans le jardin! Je fais le tour de l'infini..." ( Hi K'ang).
 Le cloître des monastères, les jardins clos médiévaux (hortus conclusus) et des maisons musulmanes, avec une fontaine centrale, sont des images du Paradis, et n'avons nous pas dit que les jardins de la Rome Antique étaient des souvenirs du paradis perdu?
On peut y voir également le symbole de la culture opposée au sauvage, le réfléchi au spontané, l'ordre au désordre, le conscient à l'inconscient.
Mais c'est en Perse que le jardin prit une signification métaphysique et mystique en devenant le thème central de leur vision du monde.
Dans les civilisations amérindiennes et notamment chez les Aztèques, le jardin était également conçu comme un microcosme avec, certes ses charmes et sa beauté, mais aussi avec toute sa violence et sa cruauté.

Il n'y a que chez l' homme à la peau rouge où il n'était pas question de modifier l'ordre sacré du monde; il n'avait nul besoin de clôtures pour aimer et respecter la nature: il était libre... et peut-être plus près de l'homme édénique que ne le sont les auteurs du génocide indien.

éjà les Grecs avaient fait du jardin d'Héra  le lieu où l'océan "ouvre ses flots aux coursiers haletants du Soleil et reçoit son char fatigué" (Ovide) le lieu des épousailles de Zeus et d'Héra et dont la garde des pommes d'or fut confiée aux Hespérides.
Le mythe de l'Eden était si ancré en Occident que jusqu'au XVIe siècle, on le rechercha. Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin et même Luther en affirmèrent l'existence et il fallut, les découvreurs de la Renaissance pour se rendre à l'évidence: nulle part ils n'avaient trouver ni l'Eldorado, ni l'Eden; on en déduisit alors que ce dernier avait disparu avec le déluge. Plus tard, mis à l'index, Teilhard de Chardin écrivit: «Il n'existe pas le moindre vestige à l'horizon, pas la moindre cicatrice, indiquant les ruines d'un age d'or ou notre amputation d'un monde meilleur.»

ans la religion musulmane, il est dit qu'Allah est le jardinier. Elle a aussi "le jardin parfumé", jardin secret de l'intimité, qui s'appuyant sur le Coran permet d' évacuer toute culpabilité à l'égard de la condition féminine. La Kabbale donne au Paradis l'aspect d'un jardin ravagé par ceux qui y entrèrent. Dans la religion chrétienne, Saint Jean de la Croix écrit:" l'épouse (l'âme) le nomme ainsi à cause de l'agréable demeure qu'elle trouve en Lui. Elle entre en ce jardin lorsqu'elle se transporte en Dieu."
   
uant au Christ, c'est sous l'aspect d'un jardinier qu'il apparaît aux yeux de Madeleine éplorée. A partir de là, s'épanouit le culte de "l'hortulanus" et on assimile l'église à un jardin, un nouvel Eden au centre duquel est la croix. En effet au IIIe siècle, Hippolyte de Rome écrit:" Eden est le nom du nouveau jardin de volupté planté à l'Orient, orné de toutes sortes de bon arbre, et qu'il faut comprendre comme la réunion des justes et le lieu saint sur lequel est édifiée l'Église".
Mais c'est au juif Philon que la tradition doit le thème de l'âme jardin spirituel, qui doit mener au bonheur parfait.
Ce qui fera dire à Saint Paulin: "Que grâce à vos prières les souverain Père de famille, le cultivateur céleste et le jardinier diligent, visite fréquemment et bénisse le jardin de notre âme, comme celui lequel il a enseigné, prié et ressuscité; qu'il affermissent nous le lien de la charité, afin que nous vivions comme des sarments qui demeurent en lui."
Plus tard, à l'époque médiévale, le jardin clos est associé à la spiritualité mariale et un disciple de Saint Bernard dira:"Comme Marie, l'Église se désigne comme le jardin du Bien-aimé, elle, qu'arrosent les sources du Sauveur...." et Guerric d'Igny adresse une prière au Christ jardinier qu'il met sur les lèvres de Marie et de l'Église:"Tu es le véritable jardinier, toi qui est le créateur, le cultivateur et le gardien de ton jardin, toi qui plantes par ton verbe, qui irrigues par ton esprit, qui fait croître la vertu... Tu est le jardinier du monde entier, le jardinier du ciel, le jardinier de l'Église..." (Sermon in Cant.-8,13)

Mais c'est dans le Cantique des Cantiques que le jardin est le plus chanté

ans la religion bouddhiste et principalement dans le Zen, le jardin est un monde de symboles où le sable soigneusement ratissé représente l'eau et ses ondulations, les pierres,les montagnes, etc... Les jardins sont la représentation du paradis d'Amida et le pont permet de passer du monde de souffrance à la Terre pure du Bouddha. C'est un espace métaphorique ou le minéral et le végétal sont l'essence du Nirvana, l'impermanence du monde et de l'homme. Le jardin de Ryoan-ji  serait l'image de l'absolu où l'on ne pourrait y entrer qu'en disparaissant, seul y est permis la contemplation pour y voir l'invisible...

Jardin Zen   Le bambou! Il a l'esprit vide.
   J'en fait mon ami.
   L'eau! Elle a bien une nature pure;
   J'en fait mon maître... 

                                                                           
Musô Soseki

Quelques rôles des jardins

En peinture.

En littérature et poésie

Au cinéma

ans le jardin français, on parade, on boit, on est en bonne compagnie ou on batifole, dans le jardin anglais on tue (Meurtre dans un jardin anglais); c'est bien connu!
Si le jardin sert le plus souvent de décors, les jardins prennent dans certains films une signification plus subtile. Ainsi dans "Le limier" de Joseph Mankiewicz, les premières minutes  du film se passent dans un jardin labyrinthe ou Michael Caine recherche le maître des lieux placé au centre. Si certains y ont vu dans ce dédale la recherche du Paradis gardé par le Minotaure, on peut y voir aussi le résumé de toute l'intrigue policière  menée de main de maître, riche en surprises, pour arriver enfin à la vérité.

Joseph Losey, victime du maccarthisme, oppose dans "Le messager", deux classes sociales en faisant faire ses courses par un gamin traversant jardins ordonnés au millimètre près , buanderies, dépendances, en attendant la tragédie entre pelouses et parterres fleuris.

"Ridicule" voit notre héros, gentilhomme des Dombes, venu rencontrer le roi pour assainir sa région, entrer dans un Versailles dont les allées sont rectilignes, les bosquets taillés, les pelouses tirées au cordeau,  lieu d'intrigues et de débauches, où le Soleil est inaccessible et où tout n'est que mascarade, art du maquillage pour cacher la misère de l'arrière pays.

Autres films où les jardins ont un rôle: "Le jardin des Finzi-Contini" de Vittorio de Sica et "Shining" de Stanley Kubrick

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